La Parole aux Alumni

Interview
d’Ambre Gonay

Peux-tu te présenter et expliquer brièvement ton parcours ?

Je m’appelle Ambre Gonay, j’ai 24 ans, et cela fait 2 ans que je suis diplômée de l’EDL. J’ai fait deux ans de prépa avant, en spé histoire de l’art, j’ai passé les concours de ENS, et je suis rentrée par équivalence à l’EDL en troisième année en spécialité histoire de l’architecture. Il a été assez difficile de s’intégrer et de rencontrer des gens surtout en 3ème année puisque tout le monde se connaissait déjà. Et c’est Théodora, une amie qui était à l’époque chargée de suivi d’étude qui m’a parlé de la JE. J’ai tout de suite postulé en pensant que c’était l’idéal pour rencontrer des gens mais que c’était aussi une belle opportunité professionnelle. Je suis restée durant deux mandats, la première année en tant que chargée suivi étude puis comme responsable du pôle qualité. En parallèle j’ai fait un master de l’École en architecture, j’ai écrit mon mémoire sur les sources architecturales du Bon Marché la première année. Comme j’aimais beaucoup transmettre, j’ai décidé de faire la deuxième année un master médiation avec l’option guide conférencier. J’ai fait mon stage dans l’entreprise Artora, une entreprise créée par trois personnes dont deux anciennes de l’EDLJC. Et donc c’est en partie grâce à la Junior que j’ai pu prétendre à ce stage qui a donc duré 6 mois… mais le Covid est, entre temps passé, donc ça été un peu moins fun. J’ai travaillé pendant le confinement sur la médiation sur les réseaux sociaux. Une fois diplômée, je ne savais pas trop quoi faire mais je voulais absolument rester sur Lyon. J’ai d’abord fait un service civique dans l’association AADN qui promeut la création numérique en Auvergne-Rhône Alpe. Pendant ce stage, mon poste ressemblait un peu à celui d’une cheffe de projet finalement. Aujourd’hui, je travaille au Musée des Confluences à Lyon. Le Musée externalise ses médiations, du coup je travaille avec une entreprise privée qui propose des médiateurs/médiatrices à différents musées dont celui des Confluences. J’ai commencé en mai, en étant vacataire, puis au fur et à mesure des personnes sont malheureusement parties, je suis donc passée par deux CDD puis un CDI. Je travaille 24h par semaines là-bas et je complète mon temps et mon salaire avec d’autres employeurs, d’autres villes, musées, châteaux etc.  


Peux-tu nous parler plus amplement de ton métier actuel et pourquoi le recommanderais-tu ?

Je ne fais que de la médiation orale puisque je suis médiatrice culturelle et guide conférencière et donc je produis peu de contenu papier. Pour t’expliquer un peu, le Musée des Confluences tourne autour des sujets touchant à l’humain, il propose alors plein d’objets variés, convoque l’histoire naturelle, les arts extra-européens, etc. Pour résumer, il regroupe le musée du Quai Branly, le musée Guimet, le musée de l’Homme et la collection égyptienne du Louvre ! C’est un musée très large : il se structure autour de 4 salles permanentes centrées sur la thématique de l’Homme. En parallèle, se tiennent 4 expositions temporaires différentes. Et donc c’est très intéressant puisque je sors complètement de ma zone de confort (qui est l’histoire de l’art), c’est sympa de s’éloigner d’un côté très beaux-arts en fait. Évidemment, je dois connaître les différentes expositions et être capable de mener une visite, cela nécessite d’engranger pas mal d’informations mais c’est ce qui fait la richesse du métier ! J’adore faire face au public : il y a assez peu de public spécifique, surtout des scolaires, un public familial… Les visites s’étendent entre 1h et 1h30 en général mais on fait aussi, ce qu’on appelle des « visites flash » où l’on doit présenter une salle en 15 min – c’est le format de visite que je préfère. En fonction des publics, c’est toujours différent, on ne s’ennuie jamais. Pendant mon stage, j’étais derrière bureau et il y avait toujours un temps dans la journée que je trouvais long, alors que là, il y a toujours de l’action, on apprend tout le temps quelque chose. 


Quel était ton poste au sein d’École du Louvre Junior Conseil et en quoi consistait-il ?

Le premier mandat j’ai été chargé de suivi étude et donc je vérifiais que tout était conforme au cadre légal, je relisais des documents afin de garantir la qualité de la production. La deuxième année je suis passée responsable pôle qualité et donc je manageais le pôle, on a beaucoup préparé l’audit avec l’auditrice conseil, je gérais le pôle, je vérifiais que tout se passait bien, je participais au CA, je devais aussi trouver de nouvelles idées pour rester efficace, gérer le chargé SMQ (qui se gérais très bien tout seul haha) etc. 


Peux-tu nous parler de ton expérience et de tes motivations au sein d’École du Louvre Junior Conseil ?

La JE m’a beaucoup apporté puisqu’elle m’a permis de découvrir le monde de l’entreprise, puisqu’en soit le fonctionnement d’une JE et d’une entreprise est globalement similaire. Intégrer la JE m’a donné des avantages certains dans la recherche de mon stage et de mon service civique. Et puis je suis tout simplement au fait des problématiques qu’on peut avoir en entreprise. Je suis restée sur deux mandats afin d’en apprendre encore plus, mais aussi parce que je connaissais l’équipe et donc c’était un peu le meilleur moment pour prendre des responsabilités en devenant responsable du pôle qualité – ce qui me faisait assez peur au début. La deuxième année s’est moins bien passée entre le Covid et une vie personnelle compliquée, j’ai eu une certaine une perte de motivation vers la fin. La préparation de l’audit a aussi été difficile, mais je suis restée pour conserver les relations acquises et continuer cette expérience professionnelle.


Selon toi, quelles sont les valeurs que veut transmettre École du Louvre Junior Conseil ?

Je pense que l’EDLJC veut dans un premier temps montrer que l’entrepreneuriat n’est pas un gros mot, on n’est pas les « capitalistes de l’École ». En fait, on se professionnalise assez vite, donc oui, la première valeur serait le professionnalisme. On est capable de faire autre chose que de l’histoire de l’art, elle nous permet d’acquérir de nouvelles compétences et de maintenir un esprit d’équipe avec les teambuilding, apprendre à travailler ensemble. La deuxième valeur : l’esprit d’équipe ! Très important à la JE !


Quelles sont les compétences acquises avec la Junior qui t’ont ensuite servi au cours de tes études et/ou dans le monde professionnel ?

Tout m’a un peu servi ! Comprendre comment le suivi d’étude fonctionne, connaitre un plan de communication, connaître le fonctionnement interne d’une entreprise, comprendre le principe de la prospection etc. J’étais évidemment beaucoup plus à l’aise pour mon service civique et stage, puisque j’avais déjà été confrontée au monde professionnel. Pendant mon stage, j’ai un peu endossé le rôle de chargé pôle commercial et de pôle prospection et puis j’ai aussi un statut d’auto-entrepreneur donc ça été plus facile à gérer, j’avais les compétences techniques acquises à l’EDLJC. Et puis ça m’a aussi permis de m’ouvrir aux autres, d’avoir une approche différente à travers les liens avec les autres JE commerciales, ingé etc. Une expérience très enrichissante ! 


Peux-tu nous donner trois mots qui synthétisent ton expérience à la JE ?

Seulement en trois mots ? C’est difficile comme question ! Mais je dirais « équipe » ou « rencontres » pour le premier puis « professionnalisation » et pour le dernier… « découverte » ! 


EDLJC t’a-t-il ouvert la voie à des métiers du domaine de la culture lié à l’entrepreneuriat ?

Pour les stages oui, puisque je l’ai principalement eu grâce à la JE et puis ce stage m’a menée à l’association de mon service civique. Dans ma vie actuelle pas vraiment mais c’est aussi parce que je me suis rendue compte que je n’avais pas forcément la fibre entrepreneuriale. Mais en tous cas, si un jour je le voulais, j’aurais les compétences pour. C’est ce qui me rassure un peu, ça m’ouvre des perspectives. Et puis il est toujours possible, un jour, d’intégrer une start-up culturelle si je le souhaite, et je ne serai pas du tout désorientée dans le milieu.


Quels sont les secteurs de professionnalisation liés à la culture méconnus par les étudiants de l’École du Louvre que tu souhaiterais faire découvrir ?

Comme je travaille dans le domaine de la médiation c’est assez classique pour le coup. Mais j’ai une de mes amies qui est aussi en médiation mais plutôt dans le spectacle vivant, de la production, dans les théâtres (pas de l’histoire de l’art mais plus de la culture). L’insertion reste compliquée dans le monde de la culture il faut bien l’avouer. Mais quelque chose qui peut être important à savoir c’est que pour la médiation, il y a les concours de la fonction publique à passer et personne ne nous en avait parler à l’école du Louvre ! Donc j’en profite pour vous le dire, ça peut être intéressant de se renseigner sur ces concours, qui, attention, expirent au bout de trois ans si on n’a pas trouvé de poste. Pour ma part je ne les ai pas passé parce que j’ai eu de la chance, j’ai pu intégrer une entreprise privée, mais c’est assez rare. Autre chose : il est important de se faire un réseau et ça passe aussi par la JE ! Sinon d’autres liens peuvent se faire avec la médiation : programmation et intervention dans les écoles, poste liée à la diffusion des connaissances pas forcément en musée mais aussi dans les écoles par exemple, parfois la médiation se mêle à la prospection dans certains milieux ! On trouve aussi pas mal d’emplois dans l’administration culturelle.


Interview d’Ambre Gonay par Laura Dos Santos.


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